Carros, territoire artistique

par Philippe  -  30 Mars 2015, 08:19

Carros, territoire artistique

Oeuvres de Lionel Bascoulard, Pascale Dieleman, Pascale Dupont, Daniel Fillod, Elizabeth Foyé, Dominique Landucci, Marie - Annick Radigois, Suzanna Tar, Jean Thiry. Et hommage à ODV Guillonnet. Centre international d'art contemporain (CIAC), château de Carros, place du château, 06510 Carros (village), entrée libre, ouvert de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30, fermé le lundi et certains jours fériés.

Le CIAC accueille depuis de nombreuses années des oeuvres d'artistes issus de plusieurs dizaine de pays différents mais ne met pas suffisamment en valeur le travail des artistes locaux. Ces artistes restent plus connus à l'extérieur de la ville de Carros qu'à l'intérieur. L'exposition "Carros territoire artistique" propose de mettre en valeur le lien entre la ville de Carros et ses artistes en présentant leur travail dans un laps de temps qui s'étale entre le XIXème siècle et le XXIème siècle.

Le peintre ODV Guillonnet (1872 - 1967) introduit l'exposition et sert de lien entre le XIXème siècle et les artistes contemporains. ODV Guillonnet possède un talent qu'il exerce comme peintre du sport (il réalise en 1877 une toile de 14 m. de haut et de 4 m. de large qui se trouve exposée au Lycée Lakanal de Sceaux), portraitiste, décorateur des palais nationaux (il réalise pour l'Exposition universelle de 1900 une fresque intitulée "Asie, Afrique, Amérique") et effectue des fresques pour les entreprises privées (il réalise la fresque qui orne la façade de la maison de champagne Mumm à Reims qui détaille les différentes étapes du processus de vinification).

ODV Guillonnet décide de se fixer à Carros au début des années trente. La famille Clergue - Jodlin met à sa disposition gracieusement une maison baptisée "La Forge". En 1935 il décore l'église du Broc qui se trouve dans une petite commune mitoyenne de Carros. L'édifice se compose d'un grand bâtiment et de portes basses. Il recouvre les murs avec une grande fresque et réalise une grande mosaïque autour du coeur.

Fresques d'ODV Guillonnet et ODV Guillonnet illustrateur.Fresques d'ODV Guillonnet et ODV Guillonnet illustrateur.

Fresques d'ODV Guillonnet et ODV Guillonnet illustrateur.

L'exposition s'intéresse ensuite à des plasticiens plus récents qui appartiennent tous à l'association OSCARR dont le siège se trouve dans la villa Barbary à l'entrée du village de Carros. L'un des chefs de file de cette association s'appelle Lionel Bascoulard. Cet autodidacte décédé il y a quelques mois de cela s'intéresse très tôt à la peinture. Sous l'impulsion du sculpteur Yves Doaré et du plasticien Pol Soazennec il aborde le labyrinthe comme source de vie. Lionel Bascoulard était aussi quelqu'un d'éclectique car il réalisait les trophées qui récompense les lauréats du festival de cinéma Ciné Alma à Carros.

Les labyrinthes de Lionel BascoulardLes labyrinthes de Lionel Bascoulard

Les labyrinthes de Lionel Bascoulard

Après les labyrinthes de Lionel Bascoulard le spectateur découvre le travail artistique de Pascale Dieleman et Elizabeth Foyé basé sur l'ornementation. Pascale Dieleman se rattache au mouvement muraliste. Elle créée et peint des fresques sur les murs des bâtiments qui se trouvent dans les zones industrielles. L'exposition montre la fresque qu'elle a réalisé sur un bâtiment d'ERDF qui se trouve dans la zone indutrielle de Carros. Le travail d'Elizabeth Foyé s'intéresse au sens que l'on peut donner aux motifs des ornementations et à leur répétition. Ce sens et cette répétition (identique ou différente) sont significatifs dans la construction et la structuration des identités individuelles et collectives.

Une fresque de Pascale Dieleman, les ornementations d'Elizabeth Foyé.Une fresque de Pascale Dieleman, les ornementations d'Elizabeth Foyé.

Une fresque de Pascale Dieleman, les ornementations d'Elizabeth Foyé.

L'approche artistique de Daniel Fillod, Dominique Landucci et Marie - Annick Radigois s'inscrit dans celle développée par Pascale Dieleman et Elizabeth Foyé mais utilise d'autres techniques. Daniel Fillod est animé par le besoin insatiable de découvrir ou de redécouvrir les volumes, les couleurs et les lignes. Ses toiles racontent les rencontres qu'il effectue dans la rue, au marché et au café. Ses matériaux de prédilection sont la toile de jute, le bois et la pierre. A contrario Dominique Landucci est quelqu'un de plus secret. Il est repéré par les marchands d'art il y a trente ans de cela lorsqu'il expose à la galerie Katia Granoff puis à la galerie Carpe Diem à Paris. Il construit son propre univers en dehors des modes. Il se veut passeur de rêves et sa peinture oscille en fonction des lieux et des rencontres. La peinture de Marie - Annick Radigois privilégie aussi cette démarche onirique. Auparavant elle utilisait des couleurs sombres (gris, noir) pour ses peintures à l'huile, à la brosse, au couteau et au pastel. L'envie de travailler les couleurs l'incite à élargir sa palette.

Les peintures de Daniel Fillod, Dominique Landucci et Marie - Annick RadigoisLes peintures de Daniel Fillod, Dominique Landucci et Marie - Annick RadigoisLes peintures de Daniel Fillod, Dominique Landucci et Marie - Annick Radigois

Les peintures de Daniel Fillod, Dominique Landucci et Marie - Annick Radigois

L'exposition propose ensuite d'aborder le travail artistique de Pascale Dupont et Suzanna Tar. Ces plasticiennes sont sensibles aux questions liées à l'écologie et cherchent à interpeller le spectateur sur cette problématique. Pascale Dupont récupère des matériaux dits pauvres (carton, ...) qu'elle enrichit avec des patines. Elle recycle ces matériaux en les apposant sur différents supports. Elle se distingue par une très grande créativité dans sa gestuelle. Suzanna Tar construit ce qu'elle appelle "sa forêt magique". Il y a quelques années de cela elle rachète un petit terrain à côté de la zone industrielle de Carros qui servait de décharge aux petites entreprises locales. Elle enlève les déchets divers et utilise des matériaux recyclés et recyclables pour y créer son univers. Finalement elle y installe sa maison et son atelier.

Cartons recyclés par Pascale Dupont, aperçu de la "forêt magique" de Suzanna Tar.Cartons recyclés par Pascale Dupont, aperçu de la "forêt magique" de Suzanna Tar.

Cartons recyclés par Pascale Dupont, aperçu de la "forêt magique" de Suzanna Tar.

L'exposition se termine par un artiste inclassable. Jean Thiry est un dessinateur, un céramiste et un typographe. Cet artiste explore la matière et le positionnement de l'homme dans le monde à travers une tentative de transfigurer l'espace. Jean Thiry se passionne pour le symbolisme et l'orient. Il cherche à établir des liens entre la peinture et la musique classique.

La peinture de Jean Thiry.La peinture de Jean Thiry.

La peinture de Jean Thiry.

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E
Bonjour
Si c'est une bonne initiative de faire des critiques d'expos où autres événements, je pense qu'un minimum de sérieux s'impose à savoir ne pas raconter n'importe quoi sur les œuvres et les artistes, ne pas attribuer les œuvres des uns aux autres etc...

je reprends donc cette partie ou vous évoquez mon travail que vous mélangez avec celui de Pascale dieleman
Pascale Dieleman se rattache au mouvement muraliste. Elle créée et peint des fresques sur les murs des bâtiments qui se trouvent dans les zones industrielles. L'exposition montre la fresque qu'elle a réalisé sur un bâtiment d'ERDF qui se trouve dans la zone indutrielle de Carros. Le travail d'Elizabeth Foyé s'intéresse au sens que l'on peut donner aux motifs des ornementations et à leur répétition. Ce sens et cette répétition (identique ou différente) sont significatifs dans la construction et la structuration des identités individuelles et collectives.

La fresque ERDF dans la zone industrielle de Carros à était réalisée par Pasacle Dieleman et Elizabeth Foyé nous avons réalisé ensemble un 2 eme projet sur Carros dans la résidence les Magnolias à Carros. Et Pascale n'a pas présenté la fresque ERDF mais un travail bien différent...
Concernant l'installation "A l'emporte pièce" ainsi que "le Point à la ligne" présentée au CIAC dans le cadre de l'exposition Carros territoire Artistique dont vous "parlez" en voici les explications:
Le contexte
C'est en 1962 que le site de Carros est choisi pour créer une nouvelle zone industrielle. La ville nouvelle née dans les année 70 du besoin de loger les employés qui y travaillent...
Le discours d'aujourd'hui sur les villes sorties de terre dans les années 60 et 70, renvoie inévitablement à un déterminisme social, territorial qui se veut fatalement négatif, Carros n’échappe pas à cette image …
Je vais donc construire ici par un assemblage saugrenu, une installation en forme de réplique à cette assertion et à une interjection que j'ai souvent entendue: Ah, tu habites à Carros...
Pour cela, j'ai souhaité, la participation des Carrossois, et lancé un appel à la population pour collecter les accessoires nécessaire au projet :

Les casseroles :
Objet industriel et objet de mon appel à la population de Carros.
Elles feront office de cadre et font le lien avec la zone industrielle.
Cet objet industriel utilisé quotidiennement est présent dans toutes les familles, symbole de convivialité, lié à la vie et à la transformation par sa fonction, mais aussi de façon plus négative, selon l'expression populaire, elles sont ce que nous trimbalons derrière nous.
Elles feront donc un cadre parfait qui enferme Carros et les Carrossois dans un ouï-dire , une identité attribuée comme une marque, un stigmate, une représentation collective négative.

Les ingrédients:
Des disques de diamètre différents dressés dans chaque casserole matérialisant une identité Carrossoise liée formellement au territoire. Je les ai composés en m'inspirant de la trame et des éléments qui ont servi aux architectes et urbanistes pour tracer les plans de la ville nouvelle de Carros: les perpendiculaires […],parallèles [...], diagonales [...] ont permis l'implantation des bâtiments, complétées par les arcades et le rouge des toitures, »¹.
J'y ai ajouté, le bleu du mobilier urbain, le jaune des façades, le vert pour l'environnement boisé, le noir ainsi qu' une partie de l'identité visuelle (logo) de Carros qui rappelle la présence du village et du quartier des plans.
Malgré le processus stéréotypé employé chaque disque est différent. Comme une exception qui mettrait à l'épreuve une image édictée comme règle, en occultant tous les possibles.

Mettre les casseroles de Carros au musée, c'est faire appartenir symboliquement cette image négative au passé. Comme avec le point à la ligne , on passe à autre chose...

¹ Extrait d'un document de la Drac Paca - Patrimoine architectural des Trente Glorieuses dans les Alpes-Maritimes sur Carros)
cordialement
Elizabeth Foyé


Titres
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P
Chère Madame. J'ai récolté pour écrire l'article sur l'exposition de la documentation provenant de diverses sources (le site du CIAC, le site de l'association OSCARR, et des sites liés aux différents artistes sur Internet). J'aurais pu rédiger l'article en traitant un artiste après l'autre. J'ai préféré regrouper plusieurs artistes en fonction d'un thème précis. Je ne disposais pas des informations que vous indiquez dans le début de votre message concernant votre travail. Il est évident que s'y j'avais disposé de ces informations je les aurais intégré dans mon article. Vous avez apporté le correctif et l'éclairage qui s'imposait et je vous en remercie. Cordialement, Philippe GUFFANTI.