Moussa Sarr, Corpus delicti

par Philippe  -  28 Mars 2016, 17:37

Moussa Sarr, Corpus delicti

Galerie de la Marine, ouvert tous les jours sauf le lundi du 6 février 2016 au 3 avril 2016, de 10h à 18h, 59 quai des Etats - Unis, 06000 Nice, tél. : 04.93.91.92.91 / 92.92 / 92.93, entrée libre.

Le performeur et photographe Moussa Sarr figure parmi les artisites émergents en France. Il nait le 19 novembre 1984 à Ajaccio de parents d'origine sénégalaise. Après avoir obtenu un baccalauréat littéraire option arts plastiques en 2003 il s'orient vers les Beaux - Arts de Toulon ou il obtient un diplôme avec les félicitations du jury. Dès 2008 il est exposé à la FIAC. L'exposition "Corpus Delicti" propose comme point de départ un questionnement sur son travail d'artiste. Ce travail exprime son vécu, son quotidien entre Hyères et Paris sur des sujets qui lui tiennent à coeur. Il exprime ce vécu en se mettant en scène. Il utilise l'autodérision pour lutter contre le sérieux du monde. Il cherche également à prendre du recul afin de faire son autocritique. La technique qu'il utilise s'apprente au Ju - jitsu des samouraïs japonais car il triomphe de l'adversaire avec le force de l'adversaire.

Moussa Sarr "I'm afraid" (2014)Moussa Sarr "I'm afraid" (2014)

Moussa Sarr "I'm afraid" (2014)

Moussa Sarr dénonce la peur qui conditionne mais également qui fausse les rapports entre les êtres humains. La peur créée des clichés que Moussa Sarr veut railler. L'artiste de street art consacré peut toujours éprouver de la peur face aux réactions du public et de la police (série "I'm afraid" inspirée par le tableau de Gustave Courbet "le Désespéré" (1855)). L'artiste cherche aussi à échapper aux réactions du public voir de la police comme le montre la série "Corpus Delicti" réalisée par Moussa Sarr lorsqu'il se trouvait en résidence artistique à Arras et qui s'inspire du tableau de Pere Borel del Caso "Escapando de la critica" peint en 1874. Moussa Sarr utilise toujours l'autodérision pour dénoncer les clichés qui déforment la réalité.

Moussa Sarr "Sans titre (crocodile en bois de teck)" (2014) et "l'Appel, série Points de vue" (2013).Moussa Sarr "Sans titre (crocodile en bois de teck)" (2014) et "l'Appel, série Points de vue" (2013).

Moussa Sarr "Sans titre (crocodile en bois de teck)" (2014) et "l'Appel, série Points de vue" (2013).

Moussa Sarr estime que l'art permet d'instaurer un dialogue dans un monde en crise. Il propose donc de renverser les rapports dominant / dominé sans tenir de discours revendicatif. Il montre dans la sculpture représentant un crocodile en bois de teck que deux cultures s'affrontent. La culture occidental étant représentée par un sac à main de marque fabriqué avec la peau du crocodile. Moussa Sarr s'interroge également sur ses propres origines dans la performance artistique intitulée "l'Appel" réalisée en résidence d'artiste au Maroc. Il imite le cri d'un coq symbole de la France qui fait écho à la prière du muezzin. Moussa Sarr propose dans l'installation "Rising carpet" une solution qui se substituerait au rapport dominant / dominé. Le tapis volant (Rising carpet) induit une forme d'élévation spirituelle qui mélange tradition et modernité.

Moussa Sarr "Rising carpet" (2014).

Moussa Sarr "Rising carpet" (2014).

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