BlacKkKlansman, j'ai infilitré le ku klux klan

par Philippe  -  14 Septembre 2018, 06:14

BlacKkKlansman, j'ai infilitré le ku klux klan

Réalisé par : Spike Lee, scénario : Spike Lee, Charlie Watchel, David Rabinowitz, Kevin Willmott, Ron Stallworth, production : Jason Blum, Marcei A Brown (executive), Matthew A Cherry (executive), Edward H Hamm Jr (executive), Spike Lee, Raymond Mansfield, Sean McKittrick, Jordan Peele, David Rabinowitz, Shaun Redick, Win Rosenfeld, Charlie Watchel, distribution : John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Topher Grace, Jasper Daakonen, Corey Hawkins, Ryan Eggold, ..., musique : Térence Blanchard, photographie : Chayse Irvin, ..., 2h 15mn, (2018).

 

BlacKkKlansman constitue le come back du réalisateur Afro - Américain Spike Lee depuis l'accident industriel du "Miracle de Santa - Anna" (2008) que le distributeur TF1 avait refusé de vendre hors USA en raison de critiques virulentes. La génèse du film "BlacKkKlansman, infiltrate hate" commence lorsque le producteur Sean McKrittick apporte au réalisateur et scénariste Jordan Peele le livre de Ron Stallworth. Jordan Peele veut réaliser le film mais décide finalement de céder sa place à Spike Lee car il comprend que cette histoire recelle un fort potentiel politique. Quatre scénaristes parmi lesquels se trouvent Spike Lee écrivent un scénario qui colle à l'actualité (Charlotesville, Midterm elections, résurgence de l'extrème droite en Europe) avec la crainte que ce film soit un flop comme le "Detroit" de Kate Bigelow.

Ron Stallworth.

Ron Stallworth.

BlacKkKlansman se fonde sur les mémoires de l'officier de police Ron Stallworth (John David Washington) qui fut le premier policier Afro - Américain du Colorado at qui a réussi à infiltrer le klan pour saboter des réunions et éviter un attentat meurtrier. Pour ne pas être démasqué Stallworth échangeait par téléphone ou par courrier avec les suprémacistes blancs et demandait à un officier blanc (Adam Driver) de la remplacer lorsque sa présence était nécessaire. Spike Lee mélange fiction et réalité, humour et militantisme (discours anti Trump, référence aux migrants rejetés en Europe) et rend hommage aux films de la Blacksploitation des années 1970. Spike Lee montre que la société américaine reste imprégnée par le racisme en dépit des avances (Civil Rights Act, Voting Right Act) obtenues au prix de l'assassinat des leaders politiques (Martin Luther King, Malcolm X).

Ron Stallworth (John David Washington)

Ron Stallworth (John David Washington)

Spike Lee a utilisé le bluff pour distribuer les rôles en choisissant de jeunes acteurs prêts à jouer dans une histoire qu'ils ne connaissaient pas mais qui avaient déjà travaillé avec Lee auparavant. Le choix de John David Washington pour incarner Ron Stallworth n'a posé aucun problème mais le choix de l'acteur qui devait jouer le chef du klan a été plus problématique. En effet l'acteur Topher Grace refusait de crier le slogan "white power". Lee lui a consseillé le détachement et à ne penser qu'à la cause défendue par le film. Grâce à BlacKkKlansman Spike Lee régle son compte à la représentation que le cinéma américain véhicule sur les Afro - Américains ("Autant en emporte le vent", "la naissance d'une nation"). A l'université les professeurs lui expliquaient que ces films montraient la façon de réaliser un film sans évoquer leur contenu raciste. Spike Lee rejette cette vision en intégrant des images de "la naissance d'une nation" qu'il met en paralléle avec un texte lu par l'acteur Harry Belafonte qui évoque le lynchage d'un adolescent Jesse Washington en 1916.

Joueurs de football américain protestant contre la politique de Trump.

Joueurs de football américain protestant contre la politique de Trump.

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