Le diable au corps, quant l'Op Art électrise le cinéma

par Philippe  -  28 Mai 2019, 08:40

Le diable au corps, quant l'Op Art électrise le cinéma

Exposition au MAMAC du 17 mai au 29 septembre 2019, 1 place Yves Klein, 06000 Nice, ouverte tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h, tél. : 04.97.13.42.01, billet : 10 €.

 

En 1964 une exposition organisée au Musée des Arts Décoratifs et un article dans le magazine américain "Time" évoquent pour la première fois une nouvelle forme d'art l'Op Art. L'exposition "The respensive eye (l'oeil réceptif)" organisée en 1965 par William G. Seitz au Moma de New - York consacre définitivement cette nouvelle forme d'art. Contrairement à l'art cinétique ou l'oeuvre bouge l'Op Art exploite la fiabilité de l'oeil pour plonger le spectateur dans une sorte d'instabilité qui lui procure un sentiment d'ivresse. L'éclosion de l'Op Art remonte aux théories visuelles développées par Kandinsky et Josef Albers durant les années 1920 selon lesquelles la perception de la couleur dépend du contexte. Certaines couleurs peuvent ainsi vibrer lorsqu'elles sont ajoutées à d'autres couleurs. Marcel Duchamp développera cette théorie avec son fameux disque rotatif en 1935. L'Op Art ne véhicule aucune signification tangible (psychologique, culturelle, ...) et rejette une approche élitiste de l'art ce qui incite le monde de la mode ainsi que celui du cinéma à recruter des artistes pour participer à des tournages de films ("L'Enfer" (1964), "Pierrot le Fou" (1965), "Qui êtes vous Polly Maggoo ?" (1966), "Les demoiselles de Rochefort" (1967)). Les artistes recrutés comme Yvaral pour "L'Enfer" d'Henri Georges Clouzot travaillent avec le directeur de la photographie et le responsable des costumes. L'Op Art permet d'accentuer les sentiments, d'exciter les sens, de briser les tabous et défier la censure. Cependant l'Op Art fait ressortir des sentiments plus inquiétants comme la paranoïa et montre alors la face cachée de la société du spectacle.

 

Jean - Paul Belmondo dans "Pierrot le Fou" de Jean - Luc Goddard (1965) et "Les demoiselles de Rochefort" de Jacques Demy (1967)
Jean - Paul Belmondo dans "Pierrot le Fou" de Jean - Luc Goddard (1965) et "Les demoiselles de Rochefort" de Jacques Demy (1967)

Jean - Paul Belmondo dans "Pierrot le Fou" de Jean - Luc Goddard (1965) et "Les demoiselles de Rochefort" de Jacques Demy (1967)

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