Les yeux brûlants de couleurs

par Philippe  -  17 Août 2022, 08:43

Les yeux brûlants de couleurs

Rétrospective André Marzuk, opus n°2 jusqu'au 8 décembre 2022 au CIAC, Château de Carros, 06510 Carros, ouverte du mardi au dimanche (10h - 12h30, 14h - 17h30), fermée le lundi et les jours fériés, tél. : 04.93.29.37.97, entrée libre.

 

L'oeuvre du plasticien André Marzuk fait l'objet d'une rétrospective intitulée "Panorama d'une oeuvre" qui se décompose en deux parties. La première partie s'est déroulée au Musée de la citadelle de Villefranche - sur - Mer au printemps et le seconde a débuté au mois de juin au CIAC et se terminera au mois de décembre 2022. Le travail d'André Marzuk se fixe comme objectif de capter les forces comme le souhaite le philosophe Gilles Deleuze pour aller vers une réflexion sur l'intime et l'éthique. Cet intérêt pour la réalité qui le rattache aux Nouveaux réalistes se retrouve dans l'exposition. Dès 1965 André Marzuk peint des gouaches de style cubiste et fauve et se lance dans l'art. Il monte à Paris après avoir fait l'Ecole des Arts Décoratifs de Nice mais déçu par l'académisme en vigueur aux Beaux - Arts il décide d'inventer son propre style. André Marzuk transforme son atelier rue Laincourt à Paris en peignant tous les objets qui s'y trouvent avec un monochrome pour pousser un cri contre la guerre et ses atrocités ("Hiroshima", 1969). Ce cri fait écho avec l'agression russe contre l'Ukraine et à la position que l'on peut avoir face à une telle catastrophe ("Ras le bol", 1969). André Marzuk conclu cette approche avec "Vers l'humanité" (2021) ou il suggère de faire prévaloir l'altruisme. Il aborde ensuite un aspect plus intime de sa vie celui de sa relation avec sa femme Brigitte et de nombreuses lettres qu'ils se sont échangés alors qu'ils ne vivaient pas ensemble à la fin des années 1970 ("Concerto pour deux coeurs", 2006 - 2009). "Scénographies murales" (2009 - 2022) peut se lire comme un livre ouvert dans lequel la déconstruction et la reconstruction jouent un rôle fondamental. La reconstruction fait également partie de "Ciels et mers" car André Marzuk peint des paysages uniquement de mémoire sans s'aider de la moindre photographie laissant vagabonder son imagination. L'exposition "Les yeux brûlants de couleur" se finit par une série de portraits recomposés par l'artiste ou il devient passeur de réflexions.

André Marzuk ''Hiroshima'' (1969)

André Marzuk ''Hiroshima'' (1969)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :